Je me suis installée au Canada en 1996. Ça fait un bail hein ? Imagine… J’écrivais encore des fax et des lettres à mes amis et je me souviens avoir souvent demandé à mon frère de raccrocher le téléphone pour que je puisse utiliser la connexion internet. Je gardais en note tous les gens qui voyageaient dans mon pays d’origine pour que je puisse envoyer une cassette vidéo de ma vie ici à mes amis (oui, une cassette).

Mon premier grand voyage en terres inconnues eut lieu deux ans plus tard, en 1998. C’est en Israël que j’atterrissais, sans aucun outil de communication. J’appelais mes parents à frais virés depuis une cabine téléphonique pour leur dire que tout allait bien. Ce périple fut le premier d’une longue série d’aventures.

Avant que je puisse compter sur mon iPhone et les réseaux Wifi, il fallait que je me débrouille seule, pour me repérer à Bangkok en pleine nuit, pour trouver le bon chemin quand je descendais au mauvais arrêt de bus (se trouvant à des années lumière de ma destination), quand j’ai raté mon vol de retour alors j’étais dans un minuscule village espagnol, ou encore quand j’ai dû retrouver mon ami dans un immense aéroport de Londres qui m’était parfaitement inconnu.

Toutes des situations où il était impossible de dire « attends, je trouve une connexion internet et je t’envoie ma localisation sur WhatsApp » ou bien « je vais télécharger l’itinéraire jusqu’à l’auberge avant de prendre mon vol ». En effet, ça nous paraîtrait bien compliqué aujourd’hui. Je garde pourtant des souvenirs incroyables de mes voyages dans les années 90. En voici quelques-uns que je porte dans mon coeur (un peu ridé) de grande voyageuse.

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La conversation, sans applications.

Faire défiler des profils avec son pouce était un concept qui n’existait pas : on parlait de vive voix à la personne à notre droite car nous n’avions pas de téléphone pour communiquer instantanément avec nos amis à la maison ou scroller à l’infini. Je ne dis pas que rencontrer son amour d’été sur Tinder à l’auberge n’est pas cool, loin de là. Tu peux penser que je suis vieux-jeu ou vieille croûte, mais il y a quelque chose de magique quand on discute avec un parfait inconnu. Et l’absence de téléphone nous donnait plus de temps pour sortir de notre zone de confort.

Le poids gardait en forme.

Penses-y. Notre sac à dos était  deux fois plus lourd qu’aujourd’hui. Je devais (parmi tant d’autres choses) porter des CD, des batteries, des livres, un Lonely Planet, des plans de route, une carte d’appel, des chèques-voyage, des billets imprimés de train, d’avion et de bus, des bottes de randonnée, des serviettes de bain, des sacs de couchage, un réveil matin et toute sorte de matériel de voyage ne pouvant être réduit technologiquement en taille et en poids.

Les cartes remplies d’histoires, se pliaient dans les poches et se transmettaient de voyageur en voyageur.

J’ai trouvé une boîte pleine de mes carnets de voyages, qui tous débordent de plans gribouillés de croix, de notes et de surlignages. En 2005, j’ai passé 6 mois à voyager en Nouvelle-Zélande, terminant mon périple avec un Lonely Planet rempli de mes notes écrites à la main ; c’était alors ma possession la plus précieuse mais je tenais absolument à la partager. Je donc laissé ma bible de voyage à l’auberge, pour que d’autres voyageurs s’en servent et y ajoutent leur encre!

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Les appels étaient planifiés d’avance.

Je planifiais les appels avec mes parents vraiment d’avance. Le point positif, c’est qu’ils savaient que je n’étais pas joignable à toute heure et donc ils s’inquiétaient moins. Aujourd’hui c’est une autre histoire. Aussi, dès que j’entrais dans un café ou dans un bar, je ne cherchais pas le Wifi mais le plat végétarien le moins cher à la carte.

Les photos étaient toujours une surprise

Premièrement, je développais mes photos et j’espérais toujours que les rayons X à l’aéroport ne les bousillent pas. Puis, la technologie a évolué et je pouvais voir à quoi elles ressemblaient en les téléchargeant sur un CD, de façon à faire de l’espace sur mon superbe appareil photo digital 4 pixels. En parlant d’appareils photo…

La confiance régnait

Je faisais confiance aux inconnus avec mon appareil photo. Pas le choix si je désirais faire partie de mes souvenirs de voyage. J’ai tenté les selfies quelques fois, mais en général ces photos là étaient ratées …

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La planification comportait son lot d’incertitudes.

On avait pas la possibilité de réserver en ligne, de regarder les photos des auberges ou de consulter les avis des autres voyageurs. Plusieurs histoires s’en suivent. Comme la fois où mes amis et moi sommes arrivés à Puerto Escondido au Mexique et que doucement mais sûrement, nous nous étions rendus compte que notre chambre était infestée de cucarachas géantes. Une autre année, mes amis et moi atterrissions à Amsterdam à 6h du matin sans avoir réservé d’auberge. La journée s’est résumée à devoir traîner nos sacs bien trop lourds à travers toute la ville, d’auberge en auberge, jusqu’à ce que nous en trouvions une qui avait de la place (les autres péripéties de cette journée ne peuvent être racontées dans un article de blogue).

La voiture, la maison

Le covoiturage ainsi que les compagnies low-cost n’existaient pas, la voiture était le seul moyen de voyager à bas prix. En voyage à l’île du Nord en Nouvelle-Zélande, mes amis et moi avions acheté une voiture pour seulement 500$. Quand on l’utilisait, on y vivait et quand on ne l’utilisait pas, on la louait à des voyageurs pour la modique somme de 20$ par jour. La voiture s’appelait Shony, elle était vieille et rouillée, mais on l’aimait quand même.

Les amitiés pour la vie

Bon c’est vrai, on ne revenait pas de voyage avec 250 nouveaux amis Facebook (la plateforme n’est venue au monde qu’en 2007). Mais pour ma part, je suis encore en contact avec des personnes rencontrées sur la route de mes voyages. Certaines que j’ai revu à l’autre bout de la planète, d’autres avec qui j’ai Skypé et discuté au téléphone puis celles à qui j’ai simplement écrit des lettres.

Il y a beaucoup d’autres vérités sur le backpacking. Si tout comme moi tu es un voyageur né dans les années 80, tu as dû observer de gros changements dans les quinze dernières années et encore plein d’autres vont venir! Ce qui est sûr c’est que les voyages, peu importe les époques, resteront toujours aussi fascinants !

 

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